Les Tartines de Catherine
Comme les fromages belges : un peu de tout!
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Quelles tartines?

11-03-2010

Parents indignes

Nous sommes des parents indignes. On le soupçonnait déjà depuis un moment, mais là, c'est confirmé, c'est sûr, c'est scientifique! On traumatise nos gosses, on les rudoie, on les houspille... on ne les bat pas encore, mais les sévices psychologiques ne sont-ils pas bien plus pervers? (en plus c'est bien plus drôle et ça ne laisse pas de traces - visibles, en tout cas!) Nous sommes des parents militaires, autoritaires, nazis (ça doit être les racines du Papa - je t'aime mon amour!). Des 'dresseurs', pas des éducateurs, des égoïstes qui font passer leur bien-être en premier, ou du moins, qui refusent de se sacrifier (vous savez, les fameuses 'quatre veines' de nos grands-parents?) pour leur progéniture, des monstres qui osent être dérangés par le bruit ou le désordre et pire, qui essaient d'imposer leurs vues aux innocentes créatures dont ils ont la garde. Des brutes sanguinaires, qui n'hésitent pas à se positionner contre l'adage 'tout pour mes gosses, d'abord mes gosses, seulement mes gosses'. Des militaires bornés et frustrés, qui, non content de vivre leur petite vie minable de gradés à deux balles, l'imposent aux infortunés innocents qui posent le pied chez eux. Des parents indignes, quoi... Je sens que les services sociaux s'affolent, et que mes prochains billets seront sûrement les comptes-rendus d'une mère privée de ses enfants...

Figurez-vous que, chez nous, les enfants sont sensés obéir. Oh, ils ne le font pas toujours, pas tout de suite, et il faut généralement leur rappeler une règle de vie (genre celles qui ne changent JAMAIS) un bon milliard de fois avant qu'elle ne soit intégrée et retenue (alors que, b*** de m***, si on dit le lundi qu'ils auront peut-être droit à une grosse glace à la prochaine pleine lune, vous pouvez être sûr que ça, ils vont le retenir et qu'aucune redite ne sera nécessaire!). Souvent, trop souvent, un seul exemplaire ne suffit pas, il faut passer par la voix douce et polie, la voix un tantinet plus forte (mais toujours polie), l'injonction ET-QUE-CA-SAUTE, la menace du pied au derrière (ou du lancement par la fenêtre, ou du pendage au mur)... et généralement ça s'arrête là. Mais imaginez ça (fois deux!!!) pour CHAQUE petite chose demandée... c'est épuisant, le métier de parents! Pas étonnant que beaucoup abdiquent! Mais c'est chiant, les parents qui abandonnent, car nous, alors, on se fait passer pour les gros cons décrits plus haut.

C'est l'anniversaire de Mr Deux. Il a cinq ans. Il a voulu fêter ça avec ses copains, et il a voulu en inviter... 4. Dont un qui ne peut pas venir. Très gérable, nous disons-nous. Effectivement, ils arrivent, ils sont tout calmes... les trois premières minutes! L'un des enfants, A., est un bizouteur fou, et il passe son temps vautré sur notre fils à lui dire qu'il l'aime et à lui faire des bisous. A. trouve ça très drôle. Le nôtre, au bout d'un moment, un peu moins. On les laisse régler ça ensemble, jusqu'au moment où on intervient: ça suffit, à présent, on va partir à la chasse au trésor. Le deuxième, T., a une méthode bien à lui pour repousser les attaques des adultes malfaisants: quand l'injonction lui déplaît, il la nie, fait comme si on ne lui avait rien dit et passe son chemin. La première fois, on est un peu sciés, on lui donne le bénéfice du doute: il n'a sûrement pas entendu. La deuxième fois, on hausse un peu le ton, genre 'chez nous on ne fait pas ça'. La troisième fois, on a compris, donc on a réglé ça à notre manière (non, pas la ceinture à gros clous, pour ça on attend la 4è ou 5è fois!), càd la confrontation directe, la confiscation de l'objet du délit si nécessaire, voire l'éloignement physique de l'enfant. Il n'était pas content... C'est pas grave: chez moi tu peux faire ça, mais pas ça, il est bon qu'ils connaissent les limites. Les li... quoi???

Quelques heures plus tard, quelques tranches de gâteaux, quelques jeux, quelques disputes plus tard, il est 17h, la fête touche à sa fin, on respire déjà un peu mieux, ouf, on a survécu, eux aussi, Fiston a l'air content de son après-midi (avec son imagination débordante, les déceptions sont très fréquentes et on ne sait jamais comment il réagira), on attend les parents. Arrive le papa de A. Il entre, tu veux boire qqch, c'est non, il appelle son fiston, le fiston demande pour jouer 10' de plus, accordé. Puis il descend... et il remonte. Il redescend... puis il remonte. Au bout de quelques manèges, le papa, tjs super zen (j'admire!), insiste. A. descend, il dit au revoir à notre fils. Une fois. Deux fois. Trois fois... Le papa ne bronche tjs pas, c'est nous qui commençons à trépigner: c'est qu'on est tous dans le couloir, comme des cons, avec la porte d'entrée ouverte (et il fait FROID!!!), avec Lou en plein courant d'air, à attendre le bon vouloir d'un gnôme de 4 ans. Je décide de refermer la porte et de proposer: on irait pas attendre dans le salon? 'Oh, non, on s'en va...'. Du coup, mon homme, qui en a marre aussi, va chercher le gamin et l'amène à son père en disant : 'Papa a dit qu'il partait, au revoir'... Pour le départ de T., même chanson, sauf que là, c'est moi qui suis allée chercher le gamin dans la chambre, et je suis redescendue avec lui sous le bras, puisqu'il refusait de venir. Avant, je n'aurais pas osé. Là, je me dis zut, qu'ils pensent ce qu'ils veulent, je suis d'accord pour négocier (je l'ai fait - et le fais tjs avec les miens, puisque ce sont des mômes normaux, entendez, qui n'aiment pas que les fêtes se terminent), mais pas de prendre tout le monde en otage en attendant que Petit Prince ne se décide!

N'empêche, quand ils sont tous partis, on s'est regardés, mon homme et moi, un peu perplexes, presque honteux, et on s'est sérieusement posé la question: sommes-nous trop autoritaires? C'est difficile de répondre, évidemment: je connais très peu de gens qui, d'eux-mêmes, vont admettre qu'ils sont 'trop' ceci ou cela. En voyant mes fils, je n'ai pas l'impression qu'ils sont malheureux, ou brimés, ce ne sont pas des petits soldats osant à peine respirer, bouger ou crier, ce sont des gosses normaux... sauf que pour nous, c'est super important qu'ils soient bien élevés (oooh, le concept flou et d'un autre âge!!!). Qu'ils ne prennent pas toute la place, tout le temps, toujours. Qu'ils respectent notre espace de vie, comme nous respectons le leur. Qu'ils usent et abusent des 'petits mots magiques' - de toute façon quand on me crie 'j'ai soif!' d'un ton impérieux, je suis frappée de surdité totale, c'est bête, hein? En un mot, que le respect que nous leur témoignons soit mutuel. Et si, pour ce faire, on doit rappeler les règles un certain nombre de fois (veux même pas compter, ça me déprime trop!), ben, on le fait. Même si c'est chiant, fatigant, usant, frustrant.

Je n'ai pas l'impression qu'on leur en demande trop: quand les circonstances exigent d'eux un comportement difficilement atteignable pour leur âge et leur personnalité, on boycotte simplement l'activité. Ainsi, quand mon père (qui adoooore tout ce qui brille) a voulu fêter ses 65 ans avec un chef à domicile, et qu'il a commencé à me stresser 3 semaines à l'avance pour savoir à quelle heure exactement je comptais mettre les enfants au lit, parce que le chef, lui, il a un horaire, il doit savoir quand servir l'entrée, le plat, machin, quand j'ai vu que pour lui, son anniversaire devait être comme une cérémonie parfaite (non, j'ai pas dit 'guindée', je ne l'ai PAS dit!!!), j'ai préféré appeler une babysitter et laisser les enfants à la maison avec elle. Bien élevés, oui - mais ce ne sont pas des robots!

Par contre, les familles où les enfants ont tout à dire, tout à faire, où il est impossible d'échanger deux mots à la suite entre adultes parce que les mômes crient, font du bruit (pas un bruit 'normal' en jouant, mais un bruit genre je tape mon marteau en bois sur la table en métal en te regardant dans les yeux et je souris de toutes mes dents quand on me demande d'arrêter), ça m'énerve. Quand je demande quelque chose et que je suis niée, ça m'énerve. A ce moment-là, même avec les enfants des autres, j'ai du mal à rester zen. De plus en plus, je me lève et mets moi-même fin au comportement énervant en frappant...  - non, je blague!!!  - soit en saisissant l'enfant pour le poser ailleurs (genre il fait l'avion sur la table au milieu des coupes à champagne - de chez Ikea, ok mais quand même!!!), soit en prenant l'objet délictueux et en promettant de le rendre s'il accepte de faire du bruit ailleurs. Au début, je marchais tjs sur des tonnes d'oeufs: moi-même, je ne supporte que très difficilement qu'on semble remettre en question mes compétences parentales. Mais, avec le temps, j'y vais plus franco, car j'ai cru remarquer que certains avaient l'air soulagés de mon intervention, mieux, semblaient la solliciter par des 'C'est chez toi, tu poses les règles' innocemment jetés entre deux cacahuètes...

Je ne suis pas en train de dire que ma 'méthode' est la meilleure, la seule bonne, et que les enfants des autres sont tous des futurs délinquants. Je suis probablement un peu trop rigide sur bien des points - d'ailleurs, dans le feu de la confrontation, je me surprends souvent à interdire des bêtises... pour revenir en arrière un peu après, en expliquant le pourquoi de mon pétage de plombs. Par ailleurs, est-ce une déformation professionnelle qui fait que, après une journée de boulot dans des classes à l'accoustique déplorable (moi j'vous le dis, les architectes qui construisent les écoles SE VENGENT!!!) remplies d'adolescents hyperactifs et à moitié sourds à cause de leur saleté de mp3, ma tolérance au bruit devient quasi nulle? Il y a certainement beaucoup de choses qui m'énervent moi, et pas les autres... Mais j'espère de tout mon coeur ne pas être une maman autoritaire, de celles qui cassent leur progéniture et toute tentative d'indépendance. Si vous trouvez que je glisse vers cette voie dangereuse, n'hésitez surtout pas à me le signaler - mais s'il vous plaît, faites-le très gentiment..;)


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11-03-2010, 13:19:26 Catherine
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10-03-2010

Solidaire ou voyeur?

Vous savez tous ce que c'est: quand on voit une catastrophe non loin de chez nous, on a tous plus ou moins l'envie de s'en mêler et d'aller voir ce qu'il se passe. Si on constate, en plus, la présence de caméras et de micros, l'attirance devient quasi irrésistible. Combien de fois ai-je entendu aux infos trafic: accident, blablabla, ralentissements sur l'autre voie, dûs à la curiosité... Je comprends, même si je n'approuve pas! Moi-même, l'autre jour, en voyant un minet en BMW décapotable arrêté par un policier devant une école (bien fait pour sa gu..., entre parenthèses: il avait sûrement 'omis' de lever le pied!), j'ai eu toutes les peines du monde à me retenir de m'arrêter pour demander à l'agent ce que le dit minet avait fait!

Cette curiosité est humaine, et bien naturelle: ce qui se passe devant chez nous, on a un peu le droit de savoir, non? (et si on n'en a pas le droit, on a vachement envie, en tout cas!). Ce qui l'est moins, à mon sens, c'est le frisson irrésistible, quasi érotique, que semblent ressentir une grosse partie de la population devant toute catastrophe un peu sanglante, un peu larmoyante.

Le mois passé, il s'en est produit une vraie, de catastrophe, dans notre bonne ville de Liège: suite à une fuite de gaz, un immeuble a explosé, puis s'est effondré, laissant une rue dévastée et une bonne dizaine de morts. Toute la ville s'est émue, nombre de gens se sont mobilisés, proposant repas chauds, couvertures, puis vêtements et meubles aux survivants, qui avaient dû quitter le bâtiment en catastrophe, au beau milieu de la nuit, et qui se retrouvaient donc en pyjama et sans un radis. C'est formidable. Mais parmi les bons Samaritains, combien de vautours?

Alors que les pompiers s'affairaient toujours pour tenter de retrouver des survivants sous les décombres, certaines personnes venaient 'aux nouvelles', pour prendre une bouffée de sensationnalisme. Une collègue de mon mari, après sa journée de boulot, a fait un détour de plusieurs kilomètres 'pour voir', avant de rentrer chez elle. Et non, je ne trouve pas ça normal. Pas quand ce n'est pas votre chemin. Pas tant que l'on retire des corps sans vie des décombres.

Maintenant que tout est dégagé, oui, on a envie de voir ce que ça donne, la rue Léopold avec ce trou béant. C'est quelque chose qui fera partie de notre paysage urbain pendant un long moment, et c'est bien normal d'éprouver une certaine curiosité! Mais pas cette nuit-là, pas devant les familles qui attendaient des nouvelles des leurs, toujours coincés en-dessous, pas en présence des sauveteurs qui risquaient parfois leur vie... je trouve ça indécent, choquant, profondément malsain.

Autre anecdote: je surfe sur youtube, j'ai envie de voir des chutes, celles que, enfant, je regardais à chaque fin d'année: chutes de sportifs, bévues de reporters, toutes involontaires, toutes très drôles, et toutes, bien entendu, inoffensives. Je lance le moteur de recherche, et je tombe immédiatement sur 'chutes mortelles'... Ma réaction: mais qui va regarder ça??? Et pourtant, d'après le nombre de visions, pas mal de gens! J'ai beau avoir un frère qui, ado, était un fan du site 'tasteless' (je crois) et de ses photos d'accidentés de la route, je tombe toujours des nues.

Pourtant, tous ces gens nieraient sans doute farouchement avoir des motifs 'impurs': pour eux, ça fait partie de l'intérêt normal pour son prochain. C'est peut-être parce que je suis sans programme télé depuis 12 ou 13 ans, que je suis passée à côté de l'escalade dans le sensationnalisme, le gore et le mauvais goût? Toujours est-il que pour moi, l'information, oui. Les détails sanglants, non. Je sais qu'il y a eu un tremblement de terre au Chili. Je n'ai pas besoin de voir en gros plan le cadavre d'un enfant et sa mère qui pleure, qui hurle, qui invoque le ciel en le tenant dans ses bras. Mon imagination joue très bien son rôle, merci beaucoup.

Maintenant, je projette peut-être de ma propre pudeur sur l'humanité. Moi, quand j'ai mal, quand je pleure, quand je souffre, je suis plutôt du genre à rentrer chez moi et à fermer la porte à clé. Même mon homme n'a pas toujours droit aux détails. Quand j'arrive à mettre des mots sur mes maux, en général, c'est que ça va déjà mieux. Donc l'idée d'être filmée, enregistrée, épiée par des milliers de gens me donne des sueurs froides! Du coup, après 30 ans de 'ne fais pas aux autres ce que tu ne voudrais pas que l'on te fasse', je passe mon chemin et je détourne le regard. Ce n'est pas du désintérêt... juste du respect pour la pudeur des gens. Même si ces gens m'enverraient probablement bouler, avec mes sentiments du 20è siècle: l'important, c'est de passer à la télé, non?

Sacré Andy, t'avais bien senti l'affaire, avec tes 15 minutes...

Et vous, vous pensez quoi?


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10-03-2010, 08:00:19 Catherine
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09-03-2010

Couple cherche ventre

C'est un couple ordinaire. Des gens comme vous et moi. Sauf qu'ils ont la douleur de ne pas pouvoir avoir d'enfants. Donc ils décident de partir à la recherche d'une mère porteuse.

Suite à une petite annonce passée sur la toile, ils finissent par trouver une jeune femme, qui leur donne rendez-vous dans un hôtel à Paris. Ils s'y rendent, pratiquent une insémination maison (me demandez pas de détails, je reprends ce que j'ai entendu à la radio!), paient, évidemment, une avance de 10.000 euros, signent une reconnaissance de dette pour le reste de la somme (40.000 euros, si ma mémoire est bonne), puis rentrent chez eux, le coeur battant, pleins d'espoir.

Quelques semaines plus tard, le drame: la jeune femme a fait une fausse couche. Soi-disant. Parce que depuis, ils n'ont plus entendu parler d'elle. Et ils se retrouvent comme des cons, sans enfant, lestés de 10.000 euros, et avec, j'imagine, un méchant doute sur la bonté du genre humain. Traumatisés par l'expérience, ils ont, paraît-il, renoncé à devenir parents...

Du coup, le vieux débat sur les mères porteuses ressort du placard... Qu'en est-il de la législation en Belgique? Et bien (accrochez-vous), ce n'est pas interdit (youpie!)... mais ce n'est pas autorisé non plus! Nous vivons décidément dans un pays formidable! (vous avez dit surréaliste? C'est nous!!!) Donc effectivement, à l'heure où de plus en plus de couples peinent pour avoir 'leurs' enfants (je parle bien sûr des enfants biologiques, loin de moi l'idée de faire une hiérarchie entre ceux-là et les enfants adoptés!), ce serait peut-être une bonne idée de légiférer, afin d'éviter, autant que possible, de tels écueils!

Mon opinion sur les mères porteuses? Je vais vous étonner: je n'en ai pas! Ou plutôt, je ne peux pas me dire de manière tranchée 'pour' ou 'contre'. Mais je suis fermement pour une légifération du problème, pour qu'on balise ce gigantesque flou artistique, et pour que d'honnêtes gens arrêtent de se faire plumer par des escrocs sans scrupules, qui jouent sur leur détresse.

Il ne s'agit pas uniquement de dire 'ok' ou 'pas ok', d'ailleurs... La question du nerf de la guerre se pose d'emblée: faut-il rémunérer les mères porteuses? Le fait de payer la mère plus que le remboursement de ses frais médicaux peut donner l'impression qu'on achète un bébé, c'est vrai. Beaucoup de gens sont contre. J'avoue que l'idée me dérange un peu aussi... 

Cependant j'ai vu, il y a bien longtemps, une émission sur une 'agence' de mères porteuses aux USA, qui m'avait fait réfléchir. Eux se comparaient à une agence immobilière ou une agence d'intérims, qui 'louait' le ventre des jeunes femmes qu'ils employaient, contre un salaire, certes important, mais, à leurs yeux, tout à fait justifié par l'épreuve d'une grossesse et d'un accouchement. Ne payer que les frais médicaux est injuste, disaient-ils, car il n'y a pas que ça! La femme enceinte peut être malade pendant 3 mois, souffrir de divers bobos, tant physiques que psychiques, puis il y a aussi la gifle qu'on assène au corps et à l'âme après 9 mois de grossesse, en retirant le petiot tout frais pondu: même si on a signé, ne me dites pas qu'elles sortent de l'hôpital en chantant et en se disant 'vivement ma prochaine insémination'!!!  Au moins, continuaient les agences, par le biais d'un contrat avec salaire à la clé,  tout est clairement défini, contractuel, légal: pas de surprise possible - du moins, pas de surprise due à un revirement soudain de la mère! Car, après tout, aussi efficace soit-elle, cette agence ne pouvait pas garantir une heureuse issue à toutes les grossesses!

Bien sûr, avant même de terminer mes phrases, j'entends déjà de nombreuses questions se soulever: quid en cas, justement, de problème à la mère ou à l'enfant? En cas de fausse couche? En cas de malformation? Les agences pouvaient-elles, comme tout bon employeur, garantir la santé physique et mentale de ses 'travailleuses'? J'ose espérer que les candidates ne 'pondent' pas un bébé tous les ans, sinon bonjour le corps qui lâche, les hormones qui dansent le tango et la santé mentale qui se barre! Mais comment protéger certaines femmes contre elles-mêmes? Je suppose que toutes ces questions sont traitées par les contrats - après tout, ne sont-ils pas le pays des avocats?

Moi je sais que je ne pourrais pas faire appel à une mère porteuse, je serais bien trop jalouse! Je ne pourrais pas non plus être mère porteuse. Même pour ma soeur (que je n'ai pas, c'est peut-être pour ça que je suis si catégorique!), même pour ma meilleure amie. Et pour ma fille? Heu... Dans la vie réelle, ce ne sera pas possible, mais si elle me le demandait maintenant? Pfffft, z'avez pas une autre question?

Mais c'est facile de dire ça quand son désir d'enfant est (plus que) comblé. Quand le passage du désir à la conception s'est fait sans (trop de) problèmes. Quand la pire attente d'un test positif n'a été que de quelques mois. Pour tous les autres, ceux qui sont prêts à tout pour avoir 'leur' enfant, il est grand temps de donner un cadre légal à leur désir. Pour ne plus nager dans ce flou surréaliste, et pour éviter que d'autres couples ne connaissent une épreuve comme celle mentionnée plus haut.


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09-03-2010, 13:35:44 Catherine
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